The 100% money proposal of the 1930s : conceptual clarification and theoretical analysis
Samuel Demeulemeester
Abstract
Samuel Demeulemeester
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Cette thèse étudie la proposition 100% monnaie, telle qu’elle fut formulée aux États-Unis dans les années 1930 par Henry Simons (l’auteur principal du « Plan de Chicago »), Lauchlin Currie et Irving Fisher notamment. L’essence de cette proposition est de divorcer la création de monnaie des prêts de monnaie : les dépôts servant de moyens de paiement seraient soumis à 100% de réserve en monnaie légale, conférant à l’État un monopole de la création monétaire. Cette idée de réforme étant régulièrement sujette à confusion, nous entreprenons de clarifier son concept et d’étudier ses principaux arguments. Au chapitre 1, nous montrons que le 100% monnaie ne saurait être considéré comme un simple avatar des idées de la « Currency School » : contrairement à l’Acte de Peel de 1844, il ne contient en soi aucune règle d’émission, laissant ouvert le débat « règle ou discrétion ». Au chapitre 2, distinguant entre deux grandes approches du 100% monnaie, nous montrons que celui-ci n’implique nullement d’abolir l’intermédiation bancaire basée sur les dépôts d’épargne. Au chapitre 3, nous analysons, à travers les travaux de Fisher, l’objectif principal du 100% monnaie : celui de mettre fin au comportement procyclique du volume de monnaie, causé par le lien de dépendance entre création monétaire et prêts bancaires. Au chapitre 4, nous étudions un autre argument du 100% monnaie : celui de permettre une réduction de la dette publique, en rendant à l’État l’intégralité du seigneuriage – argument souvent critiqué, dont nous montrons qu’il n’est pourtant pas infondé. Alors que le 100% monnaie suscite un regain d’intérêt depuis la crise de 2008, il nous a paru fondamental de clarifier ces questions.
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Cette thèse étudie la proposition 100% monnaie, telle qu’elle fut formulée aux États-Unis dans les années 1930 par Henry Simons (l’auteur principal du « Plan de Chicago »), Lauchlin Currie et Irving Fisher notamment. L’essence de cette proposition est de divorcer la création de monnaie des prêts de monnaie : les dépôts servant de moyens de paiement seraient soumis à 100% de réserve en monnaie légale, conférant à l’État un monopole de la création monétaire. Cette idée de réforme étant régulièrement sujette à confusion, nous entreprenons de clarifier son concept et d’étudier ses principaux arguments. Au chapitre 1, nous montrons que le 100% monnaie ne saurait être considéré comme un simple avatar des idées de la « Currency School » : contrairement à l’Acte de Peel de 1844, il ne contient en soi aucune règle d’émission, laissant ouvert le débat « règle ou discrétion ». Au chapitre 2, distinguant entre deux grandes approches du 100% monnaie, nous montrons que celui-ci n’implique nullement d’abolir l’intermédiation bancaire basée sur les dépôts d’épargne. Au chapitre 3, nous analysons, à travers les travaux de Fisher, l’objectif principal du 100% monnaie : celui de mettre fin au comportement procyclique du volume de monnaie, causé par le lien de dépendance entre création monétaire et prêts bancaires. Au chapitre 4, nous étudions un autre argument du 100% monnaie : celui de permettre une réduction de la dette publique, en rendant à l’État l’intégralité du seigneuriage – argument souvent critiqué, dont nous montrons qu’il n’est pourtant pas infondé. Alors que le 100% monnaie suscite un regain d’intérêt depuis la crise de 2008, il nous a paru fondamental de clarifier ces questions.
Key concepts: Money creation, Endogenous money, Seigniorage, Currency, Money measurement concept, Economics, Demand deposit, Argument (complex analysis)